Une petite vie bien tranquille si triste qu’on ne trouve que nos angoisses pour nous en distraire. Café-clopes, ils minent ces grands airs mélancoliques et blasés qui leur donnent le sentiment d’être à part, d’exister. D’exister, mais en suffoquant bien souvent.

(et merde)
« - Ah, ça c'est bien ! C'est beau ! La composition est parfaite ! Très bien équilibrée, juste ! Ah, c'est beau ! ... Humhumhum... Il manquerait une petite partie sur le côté minimaliste de l'objet, ne croyez-vous pas ? Et puis une partie sur le contrebalancement du socle. »
La question, c'est comment rajouter des trucs sur une planche finie à la « composition parfaite » sans tout déséquilibrer. Bah on peut pas. J'adore cette prof.
La mort, qui ne le sait pas.
Je suis triste.
La fille.
Ah oui ? Pourquoi être
triste ? Ça ne sert à rien. C'est Maman qui le dit. Je te l'ai dit
aussi ? Ça sert à rien. Être triste. Il faut être heureux et
sourire et vivre. C'est ainsi.
La mort, qui ne le sait
pas.
Je ne veux pas vivre.
La fille.
C'est bien triste. Moi je
veux vivre et je veux aimer. Je suis la caricature de ce que ma mère
souhaitait.
La mort, qui ne le sait pas.
Et alors, elle est heureuse
?
La fille.
Non.

Je me rends compte que je ne connais personne et que je m'en fous.
- Finir le dossier de Typo.
- Continuer le carnet de réf.
- Continuer le carnet de puces.
- Faire des "projets personnels".
- Faire la recherche pour le Design d'objet.
- Classer les cours de nus et dossiers rapportés.
- S'entrainer pour le MCR.
- Réfléchir à l'Expression Plastique.
- Commencer un carnet de croquis.
- Finir la reliure.
- Mourir.
En fait je ne poste plus ici parce que je ne m'ennuie plus de la même manière. Il faut que je bosse, là, il faut que je finisse ma typo, que je finisse ma reliure, que je finisse mon design d'espace, mon carnet de puce, mon carnet de référence. Il faut que j'ai de la motivation pour tout. Il faut que je souris, que je parle. C'est drôle comme je le fais de mieux en mieux, je ne me soucie de rien, prétendre ou pas. Je n'ai rien à prouver, je sais ce que je préférais. La solitude et la non-responsabilité. L'indifférence. Les autres me blasent et m'ennuient. Elle me dit que le sourire me va mieux. C'est un peu comme si je prévois ce qu'ils vont dire à l'avance. Je suis distante avec tous, face à elle d'un coup, je gueule quelque chose qui ne me ressemble pas, et elle me demande encore et encore, ce qui ne va pas, et je ne peux pas répondre, et elle ne me croit pas, quand je ris que je sais pas.
J'étais désolée de ce repas où j'ai bouffé mes larmes dans un silence de mort et mon frère qui à côté de moi n'osait me jeter un regard.
N'en fais pas un drame, je veux me barbouiller la face de maquillage noir mais je l'ai perdu.
Je devrais m'enfermer dedans, elle serait contente comme ça, elle aurait ce qu'elle veut réellement, et qu'elle continue, murmurant qu'il ne faut pas en faire tant une histoire, se contredisant toute seule, stupide personnage ridicule. Je suis fatiguée, je suis fatiguée et j'ai peur. Enfermez-moi.



J'comprends pas.
Tout a disparu. Tout s'est évanoui dans une mer de souvenirs dans laquelle plus personne ne se baigne. La solitude est devenue ma compagne, elle se partage la place avec l'angoisse dans le creux de mon ventre.

